août 6, 2008...1:53

NO SEX LAST NIGHT – road movie du rire et de l’oubli

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Sophie Calle, grande photographe reconnue à travers le monde et le scénariste Greg Shephard réalisent leur premier film. Sophie est connue pour mettre en scène sa vie dans ses photgraphies, ici son travail s’expose à l’écran.

Ce film commence par la volonté fantasmagorique de traverser l’Amérique avec l’être aimé dans une Cadillac. Une envie de ressentir directement les envolées lyriques des grands road-movies de Bonnie & Clyde à Thelma & Louise. Mais il est question d’un film bien différent, expérimental. Cheveux aux vents et caméras à la main, que peut-on filmer d’une relation qui s’inscrit dans le mutisme des deux personnages. Face à l’immatérialité des mots, il y a l’ampleur des images. Le film se ballade entre images arrêtées et images en mouvement comme si la caméra cherchait sans cesse sa position idéale, un confort inéxistant pour parler de cette histoire d’amour chaotique.

Il s’agit de poser son regard, de chercher les bonnes questions et de discerner le faux du vrai dans le comportement de l’autre. Pour cela, l’idée de ce dispositif est intéressant. Chacun des deux personnages de cette histoire tiendra sa caméra et écrira son propre regard. Tout est ensuite une question de montage. Que faire de ces deux rapports à l’image? Comment monter deux regard différents? Le film répond partiellement à la question en faisant se questionner et se répondre les deux univers. Viennent s’ajouter la voix-off de Sophie Calle et Greg Shephard qui inversent l’idée de départ en venant à la rescoussent des images, qui à leur sens, mentent. Par ce montage judicieux tout le film prend corps.

Le soucis de palier à l’incommunicabilité entre deux personnes à travers un tel film remet en question la manière dont on filme une situation, d’agencer paroles et images. Voilà comment le travail d’une photographe intervient dans l’univers du cinéma, sans prétention.

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