août 6, 2008...2:47

J’EMBRASSE PAS – la maladie des hommes

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“Le bonheur n’est pas un truc qui s’affiche” dit Philippe Noiret dans ce film. Le sourire d’ange de Manuel Blanc cache la noirceur refoulée d’un jeune homme ambitieux et névrosé. Non ça n’a rien à voir avec narcissicisme compensatoire de notre cher Président Nicolas Sarkozy. Dans ce film démysthifiant les lumières de Paris, Téchiné nous raconte une histoire trouble et inquiétante.

Plongés dans l’univers de la prostitution de la fin des années 80, le SIDA tue en filigrane et les anges de la nuit ne dorment jamais. Manuel Blanc, jeune provincial rêvant de faire du cinéma, se retrouve plus ou moins contraint à se prostituer. Je dis “plus ou moins” car on sent constamment une désir refoulé dans ce personnage de mettre son corps et son coeur en péril comme un papillon tournant en rond autour d’une ampoule brûlante. Cela dans quel dessein? La liberté. André Téchiné confronte ses personnages à leur propre liberté. Quel est le prix à payer? Que sommes-nous prêts à miser pour posséder la liberté?

Les tensions érotiques de ce film mettent en relief les zones d’ombres et de lumières des personnages. Le personnage de Manuel Blanc tentent de trouver le bonheur dans des relations interdites. D’abord l’amant d’une quarantenaire névrosée par sa solitude, le fils dangereux d’un Philippe Noiret affecteux et le frère charnel d’une Emmanuelle Béart désarmante par sa violence délicieuse.

C’est le trouble des genres et des indentités, une valse impossible entre des personnages aux coeurs secs mais jamais résignés et une critique d’un certain modèle masculin. Téchiné installe ses personnages dans un danger certain mettant en scène des connexions pleines de lumières et de tendresse.

J’embrasse pas.

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